Trouver une motivation. Puis tout recommencer.

Trouver une motivation. Puis tout recommencer.
Songfic
Prologue :
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Durch den monsun, le single qui a fait que tout a commencé, un succès phénoménal, inattendu même, ces paroles que tout le monde connait par coeur. Durch den monsun c'est le commencement, un engouement général, qui aujourd'hui ne s'arrête plus aux frontières allemandes, où tout avait pourtant débuté, Magdeburg, cette petite ville, retirée, si vite oubliée pour Hambourg, Berlin, Paris, Londres, New-York et j'en passe. Durch den monsun, le titre qui fait que maintenant quand on vous dit :"Tokio Hotel", vous ne pensez plus :"un hôtel à Tokyo", mais plutôt :"rock allemand". Durch den monsun, ce morceau qui les a fait sortir de l'anonymat, qui les privent d'une tranquillité, à jamais, oui, il y aura toujours quelqu'un pour s'apercevoir que la personne qu'il voit, est en fait une rock star, qui accessoirement fait partie d'un groupe nommé Tokio Hotel. Durch den monsun, une gloire assurée, pour longtemps, malheureusement pour moi. Moi, qui suis restée égale à ce que je suis, qui n'a pas changée, je suis toujours : la même, la jeune magdeburgeoise que tu aimais tant, avant, que cette chanson, Durch den monsun que je déteste pour les conséquences qu'elle a eu sur nous, deux jeunes cons, qui ne faisaient rien d'autre que s'aimer, mais que le succès a trop vite séparé, d'ailleurs je ne sais pas pourquoi employer le passé dans cette phrase ; Nous nous aimons toujours. Durch den monsun : non, pas juste quelques accords musicaux.
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 16:47
Modifié le samedi 30 août 2008 06:59

das fenster öffnet sich nicht mehr

 das fenster öffnet sich nicht mehr
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Chapitre #1 : la fenêtre ne s'ouvre plus

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Me voilà seule dans ma chambre, debout, droite, devant la seule fenêtre existante dans cette pièce, regardant ce paysage froid de novembre, regardant la pluie tomber peu à peu, regardant ces gouttes d'eau ruisselées sur ce carreau de verre. Pensant qu'aujourd'hui, nous sommes dimanche et que je n'aime pas ça, sachant que demain sera un lundi. Sachant que demain, je devrais me lever plus tôt que tous les autres, car moi j'habite à Magdeburg, une ville presque oubliée, où maintenant le seul car pouvant me conduire au lycée passe à 7h27 précisément. Sachant que demain, tu ne sauras pas là, encore une fois. J'ai dû mal à accepter ton absence, qui de jour en jour devient plus une souffrance qu'autre chose. Pourtant ça fait déjà depuis septembre, que tu ne viens plus en cours. Au début, ce n'était que quelques autographes en fin de journée, mais plus le temps passait, plus les fans afflouaient, plus le nombre de fans s'agrandissait, et puis, ce ne fut plus possible.

Nous deux, ça avait pourtant bien commencé, mon arrivée, à Magdeburg, à l'âge de huit ans, je te revois encore, me sourire, en salopette bleue, juste derrière le portail de ton jardin, comme pour me dire "bienvenue". Déjà, à cet âge là, tu avais une innocence en toi, comme un ange, tombé du ciel la semaine passée, mais tu n'avais que huit ans, d'ailleurs moi aussi. Regardant par cette fenêtre, je nous revois, jouer dans ce champs, nous deux, et notre complicité, qui n'était encore qu'enfantine.

Un "on mange !", de ma mère vint me sortir de mes pensées, pourtant, aucune odeur, de "bon repas" ne se fait ressentir à travers la maison, je comprends, ma mère en bonne anglaise qui se respecte, ne sait pas faire la cuisine, elle a sûrement appelé un traiteur, comme à son habitude, oui, avant, c'était papa qui faisait la cuisine, mais maintenant, ce n'est plus pareil, ça ne sera jamais plus pareil, comme "avant". Les temps ont changé, le cancer de papa s'est si vite aggravé, à peine le temps de profiter de lui encore une fois, comme une dernière visite avant sa mort, lui parler, lui sourire, puis rigoler, encore et encore...
L'année de sa mort, je venais de souffler mes quatorzièmes bougies, en pleine adolescence, j'étais vraiment dépassée par les évènements, impuissante, seule, enfin non, il y a eu, toi : Bill, qui m'a retenu à la vie un soir de novembre 2002, moi qui étais devant cette même fenêtre, mais cette fois là j'étais beaucoup plus penchée vers le bord, tu avais su trouver les mots justes, pour me convaincre de rester, parmi nous, les vivants, "Et puis, tu verras, ton père, au paradis, il t'attendra, en attendant, que ce soit le vrai jour de ta mort, Meg, je suis là, devant toi, à te supplier de rester, ne sois pas lâche, je t'en pris, écoute-moi, puisque je t'aime", cette phrase, résonne encore dans ma tête, comme pour me redonner espoir, mais pourtant, encore aujourd'hui, je suis devant cette fenêtre, qui depuis ce jour ne s'ouvre plus, comme si, malgré ton absence, les sentiments restaient, l'espoir me retenait.

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# Posté le mardi 27 mai 2008 15:36
Modifié le vendredi 22 août 2008 05:56

hier drin' ist es voll von dir - und leer

hier drin' ist es voll von dir - und leer
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Chapitre #2 : ici l'espace est rempli de toi et vide à la fois
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Réveil toujours aussi difficile. Je détourne mon regard vers mon réveil : six heures. Comme à mon habitude, me force, puis me lève. Aucun rayon de soleil ne vient à traverser les rainures de mes volets, la nuit noire règne encore à cette heure-ci.

Je me dirige vers les escaliers, m'accrochant à l'aide de ma main droite à la rampe, je me laisse littéralement descendre. Des bruits sourds sont produits par le frottement de ma main contre le bois de la rampe, mais aussi par le poids de mes pieds nus sur chaque marche. Ces mêmes bruits sourds se perdent dans ma maison vide.

J'avance, la cuisine, tiens, un post-it, accroché sur le frigo, je m'arrête alors devant celui-ci, pouvant sentir un léger souffle froid s'en échappé, je tends le bras, décolle délicatement ce bout de papier pour ne pas laisser de trace ; Pouvant y lire :

"Je suis partie à Londres pour le travail, je ne pense pas être de retour avant trois semaines, peut-être un mois même ; Pour ta consolation, elle se trouve dans le frigo. Je te laisse de l'argent, de quoi pouvoir t'acheter à manger, je l'ai mise dans la vieille boîte à biscuits que grand-mère nous avait offert : au-dessus du réfrigérateur. Bisous, Maman."

Je chiffonne alors le papier entre mes doigts, puis le lance négligemment vers la poubelle. Repensant à ses quelques lignes m'étant adressées, j'ouvre la portière du frigo, y voyant une coupelle, la prend, une salade de fruits,"merci maman". Elle me connaît vraiment, j'adore ça. Cette gentille attension me fais légèrement sourire. Mais ce matin, mon appétit ne se fait pas ressentir, cette nouvelle, être seule pendant presque un mois, ne m'enchante vraiment pas, a eu un effet coup-faim. Je dois la comprendre, maman est obligée, depuis la mort de papa, l'argent manque parfois, alors dès qu'on l'appelle, elle ne peut pas se permettre de refuser.



M'accordant un des rares moments où je me fais "belle", enfin non, j'essais plutôt d'être présentable, rien de plus, je laisse simplement ma chevelure blonde tomber sur mes épaules, m'accordant une touche de maquillage.
Je me regarde, dans ce miroir, accroché dans cette salle-de-bains, je me dévisage du regard, non pas seulement ma figure, mon corps aussi, s'en devient presque étrange, j'ai l'impression de maigrir de jour en jour, pourtant, je ne me prive pas. Oui c'est vrai je doute, je tremble, me posant tout un tas de questions inutiles... Est-ce dangereux ? Mon état devient-il inquiétant ? Ou suis-je tout simplement devenue folle ? Depuis ton départ. T'aimerais-je vraiment jusqu'à mon dernier souffle ? Et pourquoi vouloir absolument ce que je ne peux plus avoir ? Toi. Je n'en sais rien, mais pourtant, j'y repense tous les jours, mélancolique. Cette sensation unique m'angoisse à nouveau, oui, c'est ça, une mélancolie de toi, j'ai tellement envie de partir, m'échapper, courir, te chercher, te trouver... Malgré ça, je suis comme impuissante face à ce manque. J'ai l'impression de te voir partout, dans chacun des gestes que j'aurais pu faire en ta présence, mais inlassablement tu n'es pas là.
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# Posté le dimanche 01 juin 2008 16:13
Modifié le lundi 25 août 2008 07:28

hier drin' ist es voll dir - und leer

hier drin' ist es voll dir - und leer
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Chapitre #2 bis : ici l'espace est rempli de toi et vide à la fois
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Je suis absorbée par mes pensées, repensant à notre passé, non, je dois arrêter tout de suite, maintenant, ça en devient une obsession, oui. J'arrête.
Dans un élan incontrôlé, je prends mon sac, mes clefs, je pousse la porte, je sors sans prévenir, avant que trop de souvenirs ne viennent me hanter, je "m'échappe". J'arrête de penser, je me laisse envahir : la brise matinale, la rosée, toute cette fraicheur que l'on ne trouve pas ailleurs qu'ici, me refroidit, tiens, avoir froid justement mince, plus de sang dans les doigts, ne plus pouvoir avoir de sensations dans les mains, tant pis, j'aime ça, je respire, enfin ! Je mets un pieds devant l'autre sans trop savoir pourquoi, je marche seul, sous un ciel sombre, rassurée par la timide lumière que produisent les lampadaires. Je continue comme ça, je tourne quand je ne peux plus aller tout droit, je traverse au milieu de la route pour me sentir forte, du moins c'est ce que j'aime à penser, à sept heures et quatorze minutes, pas de risques : aucune voiture, aucun bruit, seulement celui de mon souffle, de mes pas, tout simplement, j'erre dans les rues de Magdeburg, en étant tout simplement moi, Meg, oui, pour l'instant je suis juste Meg, et le reste... Il viendra plus tard. Je continue encore, croisant chiens et chats, un petit vieux dans une cabine téléphonique qui visiblement est sourd puisque l'on peut entendre sa conversation même au bout de la rue, ça fait sourire, ça fait du bien. J'arrive au bout, au bout de la rue, puis je tourne, il y a mon arrêt de bus, stop, je suis exactement là où je dois être, mon quotidien monotone reprend le dessus, ce moment de plénitude ne pouvait pas durer éternellement, je redis bonjour à ma vie sans goûts ni saveur, routine journalière me revoilà.

Je suis debout devant cet abris de bus, qui tant de fois m'a vue ici. Puis je m'assoie, maintenant face à un champs de blé, ce même champs dans lequel nous avons joué, couru, ris, grandis. Tu sais Bill, je nous revois auparavant tellement heureux et souriant. Mais désormais que reste-t-il ? Te souviens-tu de cette petite fille dénommée Meg ? Celle qui courait dans les champs avec un grand sourire aux lèvres. La petite fille qui aimait découvrir des choses nouvelles, remplie de bonne volonté, toujours partante pour tenter l'impossible. Tu sais cette petite fille naïve que j'ai pu être, oui naïve, Comment ai-je pu croire que tu reviendrais après quelques concerts ? Comment ai-je pu croire que la vie reprendrait son cours ?
Te souviens-tu de ces sourires que je faisais ? Tu sais, ces sourires sincères... Mais désormais ces sourires ne seront plus jamais les mêmes.

Je suis assise, en train d'attendre dans la pénombre. Pourtant, le peu de lumière éclairant cet endroit me laisse entrevoir nos deux noms gravés en ce lieu. Je m'approche, effleure du bout des doigts cette trace, longeant les courbes de nos deux noms, voyant à quel point ces écritures sont proches, je ramène ma main vers moi car, l'ombre de ta présence persiste, elle ne me laissera pas en paix.

Un bruit de moteur se fait entendre au loin, le car arrive, enfin.
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# Posté le samedi 07 juin 2008 09:24
Modifié le lundi 25 août 2008 07:31

hier drin' ist es voll dir - und leer

hier drin' ist es voll dir - und leer
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Chapitre #2 ter : ici l'espace est rempli de toi et vide à la fois
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Je passe la porte du bus. Je m'assoie et ne pense plus, je me laisse emporter par les vibrations faites par les irrégularités du sol de cette route. Je suis seule retirée à l'arrière du bus. D'arrêts en arrêts des personnes montent, s'assoient puis descendent, des visages défilent, ignorant ma présence.

Enfin arrivée dans ce lycée, je traverse les couloirs à grands pas, cherchant la salle où se déroulera le cours d'anglais, "salle 52" m'a-t-on dit, je continue puis rentre dans cette pièce, je passe le pas de la porte et pour une fois ce matin quelques personnes osent poser leur regard sur moi, je baisse la tête et traverse la salle, toutes ces personnes me dévisagent, me jugent, croient me connaître, mais me considèrent seulement comme "l'ex de Bill Kaulitz", ils s'attachent à la conséquence d'un succès trop vite arrivé, mais au bout du compte me connaissent-ils vraiment ? Savent-ils à quel point je souffre, à quel point j'ai mal ? Non. Pourtant, ces regards en disent long. Ces regards m'assassinent et de jour en jour me détruisent, m'écorchent le coeur. Ce même coeur qui depuis ce fameux jour de pluie, ne me dicte plus aucun de mes comportements. Je l'écoute, j'écoute mon coeur, quand il m'appelle, quand il me murmure ton nom, "Bill...
Parfois je me demande si cette vie en vaut la peine, car les moments les plus précieux se sont à jamais perdus, à travers cette même mousson qui t'a vu partir, et fait tant souffrir...

Je m'assoie au fond de la salle, les cours d'anglais je ne les écoute même plus, ma mère est anglaise, elle m'a toujours parlé de la sorte. Petit à petit la salle se remplit, les regards fusent, le bruit s'accentue, une brune s'assoit à côté de moi sans rien dire. Le prof' entre, commence son cours, je m'ennuie déjà.
Le cours est fini. Je n'en ai retenu qu'un "Meg, 18, bravo", encore une bonne note, pourtant presque aucun travaille. Je me lève mais entend une voie qui m'appelle :

- Meg ?!

Je me retourne étonnée, tiens, la brune de tout à l'heure...

- bon écoutes, j'ai vu que tu avais de bonnes notes et... enfin... je me demandais si tu pouvais m'aider...
- non, désolée...


Je repars en direction de la porte, pose ma main sur la poignée.

- Et si je te paye ?

Je me retourne et la regarde, "Et si je te paye ?", mais l'argent ne fait pas tout, je n'en ai simplement pas envie.
Je repose ma main sur la poignée, entrouvre la porte, mais... c'est vrai que ces derniers temps l'argent manque à la maison, j'arrête tout mouvement, si je l'aide juste un peu, je pourrais gagner de l'argent facilement, aider maman, et peut-être économiser un peu... Je fais volte-face vers elle...

- Je... D'accord

Elle s'approche de moi avec un léger sourire :

- Disons, mercredi, 17 heures, chez moi
- oui...


Je la vois chercher dans son sac, elle en sort une carte de visite, me la donne, puis part en m'adressent un "A bientôt" de conclusion.
Je me penche vers ce bout de papier légèrement cartonné :

"Emy Richards
22 rue Glycines. Magdeburg..."

J'acquiesce et tourne la tête, elle part puis s'évapore dans la foule de personnes qui venait de s'accumuler dans le couloir. Cette fille je ne la connais que très peu, elle s'appelle Emy, certes, cela ne fait pas longtemps qu'elle est là, à Magdeburg, ce qui explique qu'elle me parle sans préjuger, pour une fois, ça fait du bien.

La journée se termine, je vais rentrer. Arrêt de bus, j'arrive.
Me revoilà dans le même bus qui ce matin m'avait emmené en ce même lieu.
Mon arrêt, le bus se stop en un crissement, je descends, puis le vois s'éloigner, "A demain".
Je lève le nez et m'aperçois que le soleil descend doucement à l'horizon, je dirige mon regard vers cette immensité, c'est beau, le temps d'une pause, je regarde à nouveau sans but précis, et me dis que c'est beau, juste beau, les blés ondulent comme les vagues d'un océan bien calme, poussés par une brise légère, très légère, qui empêche le froid d'être insupportable. Je pars, retourne au monde, à la vie, je mets à nouveau un pied devant l'autre, de plus en plus vite et marche à grands pas. Je continue, constate la présence d'une cabine téléphonique, vide cette fois-ci, pas de petit vieux, ni de petite vieille d'ailleurs. Je remonte la rue dans un seul but désormais, rentrer. J'arrive devant, retour à la case départ, m'arrête, respire, puis pousse à nouveau la porte.
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# Posté le samedi 14 juin 2008 19:01
Modifié le jeudi 21 août 2008 11:53