/ Chapitre #2 ter : ici l'espace est rempli de toi et vide à la fois ♫
_____________________ Je passe la porte du bus. Je m'assoie et ne pense plus, je me laisse emporter par les vibrations faites par les irrégularités du sol de cette route. Je suis seule retirée à l'arrière du bus. D'arrêts en arrêts des personnes montent, s'assoient puis descendent, des visages défilent, ignorant ma présence.
Enfin arrivée dans ce lycée, je traverse les couloirs à grands pas, cherchant la salle où se déroulera le cours d'anglais, "salle 52" m'a-t-on dit, je continue puis rentre dans cette pièce, je passe le pas de la porte et pour une fois ce matin quelques personnes osent poser leur regard sur moi, je baisse la tête et traverse la salle, toutes ces personnes me dévisagent, me jugent, croient me connaître, mais me considèrent seulement comme "l'ex de Bill Kaulitz", ils s'attachent à la conséquence d'un succès trop vite arrivé, mais au bout du compte me connaissent-ils vraiment ? Savent-ils à quel point je souffre, à quel point j'ai mal ? Non. Pourtant, ces regards en disent long. Ces regards m'assassinent et de jour en jour me détruisent, m'écorchent le coeur. Ce même coeur qui depuis ce fameux jour de pluie, ne me dicte plus aucun de mes comportements. Je l'écoute, j'écoute mon coeur, quand il m'appelle, quand il me murmure ton nom, "Bill...
Parfois je me demande si cette vie en vaut la peine, car les moments les plus précieux se sont à jamais perdus, à travers cette même mousson qui t'a vu partir, et fait tant souffrir...
Je m'assoie au fond de la salle, les cours d'anglais je ne les écoute même plus, ma mère est anglaise, elle m'a toujours parlé de la sorte. Petit à petit la salle se remplit, les regards fusent, le bruit s'accentue, une brune s'assoit à côté de moi sans rien dire. Le prof' entre, commence son cours, je m'ennuie déjà.
Le cours est fini. Je n'en ai retenu qu'un "Meg, 18, bravo", encore une bonne note, pourtant presque aucun travaille. Je me lève mais entend une voie qui m'appelle :
- Meg ?!
Je me retourne étonnée, tiens, la brune de tout à l'heure...
- bon écoutes, j'ai vu que tu avais de bonnes notes et... enfin... je me demandais si tu pouvais m'aider...
- non, désolée...
Je repars en direction de la porte, pose ma main sur la poignée.
- Et si je te paye ?
Je me retourne et la regarde, "Et si je te paye ?", mais l'argent ne fait pas tout, je n'en ai simplement pas envie.
Je repose ma main sur la poignée, entrouvre la porte, mais... c'est vrai que ces derniers temps l'argent manque à la maison, j'arrête tout mouvement, si je l'aide juste un peu, je pourrais gagner de l'argent facilement, aider maman, et peut-être économiser un peu... Je fais volte-face vers elle...
- Je... D'accord
Elle s'approche de moi avec un léger sourire :
- Disons, mercredi, 17 heures, chez moi
- oui...
Je la vois chercher dans son sac, elle en sort une carte de visite, me la donne, puis part en m'adressent un "A bientôt" de conclusion.
Je me penche vers ce bout de papier légèrement cartonné :
"Emy Richards
22 rue Glycines. Magdeburg..."
J'acquiesce et tourne la tête, elle part puis s'évapore dans la foule de personnes qui venait de s'accumuler dans le couloir. Cette fille je ne la connais que très peu, elle s'appelle Emy, certes, cela ne fait pas longtemps qu'elle est là, à Magdeburg, ce qui explique qu'elle me parle sans préjuger, pour une fois, ça fait du bien.
La journée se termine, je vais rentrer. Arrêt de bus, j'arrive.
Me revoilà dans le même bus qui ce matin m'avait emmené en ce même lieu.
Mon arrêt, le bus se stop en un crissement, je descends, puis le vois s'éloigner, "A demain".
Je lève le nez et m'aperçois que le soleil descend doucement à l'horizon, je dirige mon regard vers cette immensité, c'est beau, le temps d'une pause, je regarde à nouveau sans but précis, et me dis que c'est beau, juste beau, les blés ondulent comme les vagues d'un océan bien calme, poussés par une brise légère, très légère, qui empêche le froid d'être insupportable. Je pars, retourne au monde, à la vie, je mets à nouveau un pied devant l'autre, de plus en plus vite et marche à grands pas. Je continue, constate la présence d'une cabine téléphonique, vide cette fois-ci, pas de petit vieux, ni de petite vieille d'ailleurs. Je remonte la rue dans un seul but désormais, rentrer. J'arrive devant, retour à la case départ, m'arrête, respire, puis pousse à nouveau la porte.
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